
Dans le cadre de la Semaine de lutte contre le SIDA qui a eu lieu du 4 au 8 décembre au lycée, plusieurs conférences ont été tenues afin de sensibiliser et informer les élèves au sujet de cette maladie.
Nos journalistes ont pu interviewer un membre de l'association de l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS) Marrakech. Voici la retranscription de notre conversation !
Bonjour, je me présente, je m’appelle Salah-Eddine, je suis volontaire et salarié de l’association de lutte contre le Sida ALCS Marrakech. L’ALCS est une association qui a été créée en 1988, deux ans après la déclaration du premier cas de Sida, à l’époque c’était la première association de lutte contre le Sida du monde arabe et en Afrique surtout. Quand l’association a démarré, il s’agissait d’une seule petite section à Casablanca, maintenant il s’agit de plus de 20 sections partout dans le Maroc. Le travail de l’ALCS porte sur trois volets : la prévention, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, et enfin la défense des droits des personnes vivant avec le VIH.
Lorsque nous parlons de prévention, il s’agit d’une prévention au niveau national. Partout dans le royaume, nous établissons des programmes de proximité dédiés aux populations vulnérables (professionnels du sexe, migrants, ouvriers, élèves ou étudiants..).
Lorsque nous comparons le Maroc aux autres pays, le taux de personnes atteintes du sida est moins élevé. Nous estimons plus de vingt-deux mille cas contaminés dans le royaume (malheureusement nous n’avons pas pu tout détecter jusqu’à présent) dont plus de la moitié sont sous traitement en ce moment. La population marocaine est divisée en plusieurs catégories touchées par le sida et la catégorie la plus exposée est celle des jeunes.
Oui, il y a eu une progression dans la trithérapie. Avant, les médicaments étaient peu nombreux et très chers, mais maintenant, l’accès au traitement est possible pour tout le monde. Les médicaments sont très efficaces et présents dans tous les hôpitaux. Ils permettent aux patients atteints du sida d’avoir une espérance de vie tout à fait normale.
Les dernières recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé disent que toute personne atteinte du VIH qui suit le traitement d’une façon régulière et correcte arrive à atteindre une charge virale indétectable. Le risque de contaminer d’autres personnes est alors quasi-nul. Malheureusement, il n’existe toujours pas de traitement curatif capable de guérir la maladie, il permet d’arrêter la multiplication du virus dans les cellules du corps humain.
Cela dépend de la façon dont on voit la maladie. Un personne qui voit la maladie comme étant mortelle et signalant la fin de sa vie va forcément être déprimée. Mais je peux vous garantir une chose : toute personne atteinte du VIH et qui accepte sa maladie peut continuer de vivre sa vie de façon normale. Un patient malade peut travailler, se marier, avoir des enfants séronégatifs, faire la fête… Si je ne suis pas atteint de la maladie, je peux quand même partager la vie de quelqu’un souffrant du VIH, et même l’épouser ou avoir des enfants avec. Néanmoins, il y a quand même des étapes à respecter.
Si vous souhaitez obtenir plus d’informations, vous pouvez vous rendre directement à l’association ALCS Marrakech où Salah-Eddine et ses collègues seraient ravis de vous accueillir et répondre à vos questions !