Entre guerres au Moyen-Orient, flux migratoires d’Afrique, et autres problèmes qui remplissent l’actualité, nous avons tendance à oublier des zones situées au coeur des grandes puissances européennes et qui, pourtant, sont les théâtres de scènes atroces et de la perte d’un grand nombre de jeunes, aussi bien une perte de repères que de valeurs.
En 20 ans, 2700 personnes ont été assassinées à la Scampia, quartier de Naples reculé où la jeune mafia italienne, qui commence à écraser la plus vieille sévit. C’est un peu plus de 2 règlements de compte par semaine. Ces zones sont propices à la naissance de mafias, misère, isolement, présence de l’Etat trop légère… A Naples, durant la guerre de gangs du Secondigliano, il y avait environ 4 morts par jour, c’est plus qu’à Gaza, le “Capo” (chef) du gang des Piranhas a été tué par un sniper. Un sniper, en Europe, il y a donc bien une guerre, au sens propre du terme, en plein centre de l’Europe, que l’on ignore, que l’on évoque peu dans le débat public, et dont les victimes sont nombreuses. L’Italie n’est qu’un exemple, les mafias sont installées partout en Europe, la plaque tournante du trafic la plus active étant la France, avec les fameux Go-Fast sur l’autoroute A7. Les règlements de compte sont pourtant fréquents en Corse, à Marseille, mais ils ne font l’objet que de peu de couverture médias, ce qui nous empêche de mesurer réellement la gravité de ce phénomène. Au delà des médias, ces violences ne sont simplement jamais évoquées dans le débat public et politique.
Le peu de personnes qui se sont attelées à la dénonciation et à l’étude de ce problème sociétal sont ou mortes, ou menacées de l’être. Prenons l’exemple de Roberto Saviano, auteur du fameux ouvrage Gommorra où il parle de la mafia napolitaine sans hésiter à citer des noms, est aujourd’hui une figure de la lutte anti-gang, mais il est sous protection policière depuis plusieurs années, à cause des menaces de mort qui planent autour de lui.
Conclusion :pourquoi ne pas en parler ? Par peur de représailles, ou pour occulter le fait que de gros problèmes de société existent au sein même des grandes puissances européennes ? Mais allons plus loin, ces zones ne nous permettent-elles pas de comprendre la montée du populisme et des partis extrémistes (Salvini en Italie), des partis qui promettent de mater ces trafics, aussi compliqué que cette mission puisse paraître, au nom de la lutte contre l’insécurité, à quand la réaction ?
I.Q.